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Dernière mise à jour : Mai 2018

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Vincent Marc

Vincent Marc
Assistant Ingénieur - Discipline : Zootechnie - Retraité depuis fin juin 2016

Mel : marc.vincent02@orange.fr

ACTUALITE

- Les alpages à l'épreuve des loups. Marc Vincent, 2011, éditions QUAE, Versailles, 350 p.

- Participation au séminaire "Agriculture biologique, aujourd'hui et demain", Biovallée (Eurre, 26), 3-5 décembre 2014. Organisé par l'Inra, le FiBL et Biovallée : ici

- Participation en tant qu'expert pastoral au "Tribunal du loup" dans le cadre de La Novela - Fête connaissance, Toulouse Métropole, le 4 octobre 2014, Grand-Rond / Grand chapiteau, 17h. Voir programme, p. 38 : http://www.calameo.com/read/0029927802e03e1008cbe

- Participation à l'émission de France-Culture "Terre à Terre", animée par Ruth Stegassy et diffusée le 5 juillet 2014 à 7h (voir lien dans Dossier loup et pastoralisme).

- Conférence à la bibliothèque de St Saturnin-les-Avignon, le 31 mai 2013, 20h30.

- Présentation/débat dans le cadre de l'Assemblée générale de l'association Solidarité Pastorale, le 9 mars 2013, 10h, mairie de Venterol (26).

- Table ronde : pastoralisme et prédation. Etat des lieux des outils de protection, dans le cadre des 5e Rencontres alpines organisées par le Centre de la Nature montagnarde "Agriculture de montagne : produire, consommer et partager", 20 novembre 2011, 14h30, Salle Léon-Curral, Sallanches.

- Invité de l'émission de Radio France Vaucluse "La ligne ouverte", le 2 novembre 2011 à 7h40 : le loup dans le Ventoux, avec la journaliste Anne Domece.

- Présentation/débat autour de l'ouvrage "Les alpages à l'épreuve des loups" dans le cadre de la foire des bergers, 24 septembre 2011, 15h30, Marché couvert, Barcelonnette.

- La forêt, les Hommes et les animaux : qui menace qui ? Causerie à trois. "Les sciences sur la Place" dans le cadre de "Le livre sur la place", 16 septembre 2011, 18h-19h, place de la Carrière, Nancy.

- Participation au colloque Cynologie organisé par la Société Centrale Canine (SCC) et la Société d'Ethnozootechnie les 7, 8 et 9 juillet 2011, au siège de la SCC, 155 avenue Jean Jaurès 93 Aubervilliers. Programme : cliquez ici

- Diaporama exposé au Colloque écologisation 16-18 mars 2011 à L'Isle-sur-la-Sorgue cliquez ici et texte Commentant ce diaporama cliquez ici

PRESENTATION

Issu d’une famille d’éleveurs, j’ai travaillé au début des années 80 dans un groupement de producteurs ovins des Bouches-du-Rhône où j’étais chargé du suivi technique des troupeaux des éleveurs adhérents et de la commercialisation de leurs agneaux.

J’entre à l’Inra en 1984, détaché au Domaine du Merle, à Salon de Provence (SupAgro Montpellier) comme technicien chargé de la conduite de l’élevage de quelques 2000 ovins, troupeau transhumant de la plaine de Crau vers les alpages du Parc national du Mercantour. Dans ce cadre, je suis associé à diverses expérimentations associant les départements Élevage, Génétique animale, Physiologie de la reproduction et Santé animale. A partir de 1990, je participe, grâce au troupeau du Domaine du Merle, à une des toutes premières reconquêtes d’un espace en déprise dans le massif des Alpilles. Cette expérimentation va encourager le retour des grands troupeaux transhumants dans les espaces menacés par le feu dans les collines proches de la Crau.

Fort de cette riche expérience professionnelle de quinze années, je rejoins en 1999 l’unité d’Ecodéveloppement d’Avignon du département SAD, où je travaille plus particulièrement avec l’équipe en charge d’établir des normes techniques et des recommandations à fins de conservation de la biodiversité dans des milieux soumis à l’embroussaillement.

A l’issue d’une formation diplômante Inra (2004-2007), j’obtiens le Diplôme de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Mon mémoire porte sur l’évolution du pastoralisme méditerranéen, et étudie plus particulièrement le cas des éleveurs de moutons et des bergers entre Crau et Queyras, sous l’effet des politiques de l’agri-environnement et du loup.

Le pastoralisme méditerranéen ovin est la clef de voûte du maintien d’une nature ouverte, accueillante, riche en biodiversité, dans laquelle le multi-usage des espaces parcourus par les troupeaux est devenu la règle.

La plaine de Crau avec son coussoul, les collines provençales, mais aussi les alpages d’altitude dont le Parc naturel régional du Queyras est symbolique de la grande transhumance estivale, sont des espaces fréquentés par les troupeaux de moutons transhumants. Leur biodiversité riche et variée est largement liée à la présence du pâturage.

Je montre que cette forme de pastoralisme, dont les pratiques et les savoirs locaux ont évolué au gré de multiples changements agronomiques, économiques, politiques, sanitaires, etc, est reconnue depuis 1992 par les politiques européennes associant les agriculteurs, et tout particulièrement les éleveurs pastoraux, à la protection de la nature dans la mesure où ces pratiques façonnent de longue date les habitats de la vie sauvage.

Or, cette légitimité toute nouvelle du pastoralisme dans ce qu’il est convenu d’appeler l’agri-environnement est brusquement remise en cause la même année par le retour d’une espèce emblématique de cette vie sauvage, le loup, qui revient en France depuis l’Italie avec un statut de protection intégrale.

J’analyse la controverse issue des conséquences du retour des loups sur les terrains de parcours des troupeaux domestiques. Par des enquêtes de terrain renforcées par des données historiques, statistiques et un riche corpus bibliographique et iconographique, je montre les difficultés que font peser sur les éleveurs et les bergers les protections anti-prédation, techniques anciennes largement oubliées avec l’éradication des loups au XIXe siècle.

En conclusion, je propose de mettre en place une « lupotechnie » consistant à réguler Canis lupus afin de créer les conditions d’une réelle coexistence entre pastoralisme et loup. Pour sortir des contradictions des politiques publiques, je propose une politique de gestion de la population de loups modulant ses aptitudes et son extension. L’objectif est bien d’offrir toutes les garanties de protection de l’espèce mais sans risquer l’exclusion du pastoralisme. En effet, la garantie du bon état de conservation de l’espèce Canis lupus passe par sa compatibilité sociale avec d’autres utilisateurs ou gestionnaires d’espaces naturels : la protection de la nature ne se réduit pas à la conservation biologique intégrale d’une seule espèce, quelle qu’elle soit. Dans la situation actuelle, le loup est une espèce patrimoniale emblématique et intégralement protégée, mais envers et contre tout, y compris au détriment d’autres ressources naturelles, elles-aussi pourtant protégées par les politiques publiques. L’absence de gestion dont le loup est actuellement l’objet est propre à ébranler durablement le pastoralisme, et par-là son action environnementale que les politiques publiques ont reconnue et légitimée.

La création d’une « lupotechnie », que l’on peut définir comme la science de la gestion du loup sauvage dans son écosystème, suppose par ailleurs des dispositifs permettant de pister les loups sur leur terrain de chasse. Il y aurait tout intérêt à connaître les faits et gestes des meutes partageant le territoire des troupeaux. Cela permettrait d’avertir à temps un berger dont le troupeau se retrouve soudain sous la menace des prédateurs. Une surveillance accrue et discrète pourrait se mettre en place immédiatement. Des tirs d’effarouchement pourraient être ainsi déclenchés sans délai en cas d’approche des troupeaux. Il est probable qu’un loup averti garde en mémoire le stimulus reçu, évitant ainsi les actes qui vont engendrer toutes sortes de drames. Elle définirait une volonté d’infléchir des comportements déviants impliquant le déplacement des individus spécialisés dans la capture des animaux domestiques, puis de régulation par l’élimination des récidivistes.

La constitution d’une « lupotechnie » nécessite de faire l’inventaire des techniques de la louveterie, sur le mode de celui que j’ai réalisé dans ce travail sur les techniques du pastoralisme. Il serait par ailleurs indispensable de réactiver un corps professionnel de « lupotechniciens » s’appuyant sur la mémoire de certains éleveurs et sur les louvetiers toujours en place. La « lupotechnie » ne peut en tout état de cause faire l’économie du recours à l’expérience et au savoir-faire des trappeurs, des piégeurs et de leurs objets-techniques dans les pays qui ont conservé ou développé des populations de loup gérées.

Cette politique du loup romprait avec la politique actuelle basée sur la seule protection des troupeaux – et dont j’ai montré les contradictions et les limites. Porter la « lupotechnie » au même rang que les techniques pastorales s’oppose à la vision d’un pseudo développement naturel du loup fantasmé par ses admirateurs. Respecter les loups, c’est leur créer des conditions de vie telles que leurs facultés de grand prédateur soient encouragées en direction de la faune sauvage.

Quelques publications
Pour prendre connaissance de l’intégralité des articles écrits par des chercheurs du laboratoire d’Ecodéveloppement sur le sujet du conflit entre loup et pastoralisme, cliquez sur ce lien. Les articles suivants en sont extraits : La régularisation du loup ; Académie d'Agriculture.